[E&R] Téléréalité virtuelle ou la réalité des bobos (Paris-75)
A Paris, en ce soir de la mi-septembre, dans le quartier du Marais, l’agitation bat son plein. A cette heure, il ne reste plus que quelques jours avant le lancement de la fameuse émission de téléréalité diffusée sur TF1 qui a officiellement vocation de faire émerger les nouveaux talents de la chanson française de notre temps : j’ai nommé mais vous l’aurez peut-être déjà deviné : la Star Académy.
La « Star Ac’ », comme il convient de formuler en tout bon initié, émission ô combien « populaire » (comprendre aujourd’hui : à fort segment de parts de marché), programme tant apprécié aussi bien des jeunes des banlieues pavillonnaires que des rejetons bobos-parisiens, est devenue, à l’aube de sa huitième saison, le rendez-vous obligé de toute cette génération qui se précipite chaque soir devant son petit écran, pour observer les pénibles progrès, ou mieux encore, les déboires sentimentalo-névrotiques de ses participants, nouvelles idoles bon marché et dans le même temps symboles éminemment emblématiques de notre époque. Le tout, saupoudré d’autres détails croustillants dont nos chers animateurs serviles savent si bien exciter la surenchère.
Mais la préparation de l’émission ne s’est pas passée aussi tranquillement qu’on eut pu l’espérer.
Et oui, car la grande nouveauté cette année, fut que les « académiciens » étaient non plus logés au « château » - et non - mais en plein cœur de Paris - rendez vous compte - dans un somptueux hôtel particulier du Marais, de 1700 m2, situé précisément au 12, rue Charlot, dans le 3ème arrondissement de Paris.
Et alors, me direz-vous.
Dès l’annonce de la nouvelle, c’est pourtant le tollé dans ce quartier huppé de la capitale, habituellement réputé si favorable à l’expression des différences et excentricités en tout genre…
Il est vrai que l’arrivée des candidats dans le quartier risquait quelque peu de perturber le coin de vie paisible des riverains.
Mais n’aurait on pas pu imaginer, à l’approche du lancement de l’émission, se côtoyer indifférence, voire légère réprobation d’une frange réservée des habitants, et enthousiasme jubilatoire des jeunes téléspectateurs « chouchous branchés » du Marais, dont la perspective d’une proximité de leurs futures ex-idoles anonymes, n’allait pas manquer d’exciter leur sensibilité avide de « starisation people-isée » et de « prime time tendance fun cool » ?
Car au fond, ce programme télé ne s’inscrit il pas en somme, en cohérence parfaite avec cette culture « branché-bobo », si chère à ce quartier, à la seule nuance qu’il est pour l’occasion re-mijoté à la sauce « branché-populo », dans le but bien senti d’être digestible par le plus grand nombre : idéologie Benetton, tenues « tendance » exigées, l’ensemble enrobé de « bien-pensance » festive faussement subversive…
Oui mais voilà.
Ce qui véritablement a dérangé le plus ces habitants du Marais, puisqu’ils ne s’en cachent même pas, ça n’est pas tant les nuisances sonores et les problèmes de circulations, ni l’afflux constant des badauds curieux, (soit dit en passant, griefs curieusement tolérés lorsqu’il s’agit des gay-prides et autres tecno-parades), que le mélange trans-classe annoncé par la venue prévisible de ces « cons-génères » d’un autre monde : celui de la périphérie banlieusarde.
Ces mêmes « jeunes des quartiers » contre lesquels nos chers bobos labélisés n’avaient pourtant jamais rien - au contraire – lorsqu’ils en faisaient un prétexte idéal à la mise en avant de leur petite personne pour exécuter leur numéro consistant à déverser les mêmes sempiternels digressions pseudo-humanistes, débordantes de bons sentiments, performance pathétique qui suffirait presque aujourd’hui à les caractériser. Allant même jusqu’à glorifier sans complexes ni ménagements, à l’instar d’un Besancenot, l’ami des rappeurs (qui niquent leur…), la culture prometteuse, riche et créative des « cités ». Et ce, toujours, de cet air faussement affecté de compréhension et de complicité.
Il semblerait donc malgré tout, que la simple idée d’un retour du Réel chez ces chantres du « droitdel’hommisme » intégral – pourvu que cet homme s’intègre loin de leur pré carré -, aura suffi à faire d’eux les horribles « réactionnaires intolérants », « droitards et fascisants », qu’ils se plaisent tant à fustiger à longueur de temps, au rythme de l’indignation médiatique générale.
Une fois encore, il faut voir là cette fâcheuse manie qu’ont ces champions de la différence de ne tolérer en réalité que la leur. Encourageant systématiquement et aveuglément, sous couvert de défense des minorités, le renforcement des communautarismes et par ce biais, la destruction programmée de la nation, les bohémiens des quartiers…chics ont fait et continuent encore aujourd’hui plus que jamais, en parfaits idiots utiles, de faire le jeu de certaines élites qui n’ont que faire de l’Unité du peuple de France, dernier obstacle importun à l’expansionnisme ravageur de leurs profits.
Encore une illustration de l’hypocrisie stupide et du « collaborationnisme » objectif du lili-bobo au service de l’ultralibéralisme cosmopolite mondialiste.…
Yamina et Nasser pour E&R.