L’industrie automobile française le dos au mur

Publié le par E&R-Ile de France

L’industrie automobile française représente 770 000 emplois directs ou indirects et 10% de la population active française, ce qui n’est pas rien.
Depuis début octobre 2008, les commandes de voitures neuves sont en chute libre et, pour Carlos Ghosn, PDG de Renault, Philippe Streiff, PDG de PSA, et Thierry Morin, PDG de Valeo, l’avenir est angoissant, comme annoncé par la presse économique dès juin 2008.



Le « Terminator » de l’automobile en France, comme il a été décrit dans notre premier communiqué au titre identique, Nicolas Sarközy lui-même, a délégué cet hiver Luc Chatel pour annoncer au secteur des mesurettes laissant les PDG précités songeurs face au désastre annoncé : un superbonus de 1000 euros pour la mise à la casse d’un véhicule de plus de 10 ans, un soutien aux entreprises de crédit automobile de 779 millions d’euros et un éventuel report d’impôts.

Devant le peu d’enthousiasme déclenché dans le milieu automobile, le gars Nicolas est monté lui-même au créneau pour annoncer, avec forces moulinets et coups de menton, un plan d’aide à l’industrie automobile de 7,8 milliards d’euros.
En fait, cette aide est un prêt à court terme qui comprend 1,3 milliard déjà accordé aux établissements financiers des sous-traitants, destiné à PSA, Renault et Renault-Trucks. Le but de ce prêt, non avoué, est de remplacer les avances des banques, défaillantes.

On peut légitimement se poser la question de savoir d’où vient cet argent tombé du ciel, sachant que, par exemple, sur les 26 milliards promis récemment pour relancer de façon kéneysienne l’embauche, le député PS François Brottes a estimé que « seuls 6 milliards d’euros sur les 26 annoncés sont du vrai argent apporté par l’État, le reste relevant de l’écriture comptable ou de l’avance de trésorerie ».

Gageons que ces nouvelles promesses, accueillies avec circonspection par les PDG déjà cités, n’auront aucun effet. La cause principale en est cette Europe mondialisée, ouverte à tous les vents pour les hommes et les marchandises, dont le résultat patent est une moyenne actuelle de 45 000 chômeurs supplémentaires par mois en France.
Les engagements demandés aux constructeurs d’automobiles (non fermetures de sites pendant la durée du prêt, zéro licenciement, gel des bonus des dirigeants *) resteront des vœux pieux en cas de réelle catastrophe.

Last but not least. Aussitôt ces mesurettes annoncées, auxquelles s’ajoutent quelques déclarations timides de relocalisations industrielles en France, s’est aussitôt déclenchée l’ire de José Manuel Barroso, le vieux marxiste en costume-cravate, et de sa commission de Bruxelles. Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, et le Premier ministre belge Herman Van Rompuy, tous deux euro-mondialistes forcenés, en ont rajouté une couche en parlant de « protectionnisme » (quelle horreur !), de frein à la concurrence et de mesures de rétorsion.

Ils s’appuient tous, évidemment, sur la législation de la commission européenne, qui n’autorise des aides d’État que dans le cadre de l’aide au développement des régions les plus défavorisées.
Si besoin était, tout cela prouve bien que la France n’a plus aucune espèce d’indépendance, et est même considérée comme une sous région…

S’il ne s’agissait pas de la France, on pourrait rire du pompier Nicolas Sarközy qui, après avoir mis le feu par une répression féroce contre les automobilistes, cherche à l’éteindre avec un arrosoir et, après avoir prouvé son incompétence en économie, se fait taper sur les doigts par son adjudant pour avoir osé penser à faire quelque chose.
Lamentable…

* Cela n’engage pas à grand chose, les bonus étant à zéro fin 2008.


Source : parti-populiste.com
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Publié dans Economie

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