Pauvreté : la crise fait ses premières victimes …

La crise redessine le visage de la pauvreté en France, s’inquiètent les associations caritatives. Depuis plusieurs semaines la situation s’est détériorée, à tel point que le rapport annuel sur la pauvreté du Secours catholique, qui sera rendu publique jeudi «a un temps de retard», met en garde François Soulange président du secours catholique. La récession a précipité dans la précarisation des catégories inédites de la population.
«Depuis septembre et le début de la crise, on voit arriver des jeunes qui débutent leur vie professionnelle. En intérim ou en CDD de trois mois, leurs contrats n’ont pas été renouvelés», confie François Soulage. Du côté de la Croix Rouge, on remarque que de nombreux étudiants mais aussi des retraités, des employés en CDI et aux petits salaires, y compris des fonctionnaires municipaux, requièrent désormais de l’aide pour manger.
Poussent aussi la porte des associations des «nouveaux pauvres». «Des profils inédits se tournent vers nous : chefs d’entreprise en faillite, petits commerçants qui doivent fermer leurs boutiques…», témoigne, dans les Echos, Henriette Steinberg, secrétaire générale du conseil d’administration du Secours populaire.
La hausse conjuguée des loyers, de l’essence et des produits alimentaires, vécue en 2008, s’est traduite par une aggravation de la précarité. «Ceux qui venaient à nous le font plus souvent et pour des besoins plus vastes», s’alarme Henriette Steinberg. Toutes les associations constatent une hausse de la fréquentation de leurs centres.
La crise économique internationale représente la plus grande menace actuelle sur la sécurité mondiale car elle risque d’appauvrir des millions de personnes et de provoquer une radicalisation des mouvements de protestation, déclare un groupe d’experts dans un rapport publié jeudi.
La hausse du chômage et l’effondrement des marchés vont faire grimper la pauvreté, les maladies et la malnutrition dans des pays en développement dépourvus de système de santé efficace, prévient l’Oxford Research Group dans son rapport annuel sur la sécurité.
Cela risque d’alimenter la colère des gens et de provoquer une radicalisation des mouvements sociaux, lesquels devront être contrôlés par la force publique. Les premiers indicateurs font état de mouvements de protestation en Chine et en Inde…
lefigaro Reuters 13 11 2008
Source : neotrouve.com