La droite accuse Bertrand Delanoë de « lynchage fiscal » (Paris-75)

Publié le par E&R-Ile de France


Élue du XIIe arrondissement, la ministre de l’Économie Christine Lagarde a participé au débat budgétaire au Conseil de Paris lundi matin.
Sous les lazzis des socialistes, des communistes et des Verts, elle a tenté de se faire entendre dans le cadre du débat sur les orientations budgétaires de la ville de Paris.




Intervenant comme élue du XIIe arrondissement, la ministre a dénoncé les arguments de Bertrand Delanoë en matière fiscale, refusant le fait que la hausse des impôts décidée à Paris en 2009 puisse être, comme l’affirme le maire, le fruit d’un désengagement de l’État.

Ce dernier « a respecté ses obligations constitutionnelles à la lettre » et ne demande aux collectivités « ni plus ni moins que l’effort qu’il s’impose à lui-même », a-t-elle dit, ajoutant que le budget de Paris et celui de l’État avaient en commun d’être « des budgets de crise ». Sauf que « le vôtre augmente les impôts et le nôtre tient les dépenses ». Des propos couverts par les chahuts de la majorité municipale. « Laissez parler Mme Lagarde que nous avons si peu l’occasion d’entendre », a ironisé Anne Hidalgo, la première adjointe, qui présidait la séance.

La ministre, irritée, avait noté l’absence du maire lors de son intervention, « parti, m’a-t-on dit, chercher un cachet d’aspirine pour soigner sa grippe… » Poursuivant vaille que vaille son argumentaire sur l’importance de la maîtrise des dépenses en temps de crise, Christine Lagarde a dénoncé « ces Nuits blanches qui coûtent cher ». Immédiatement, des rangs de la majorité, une voix lui a rétorqué : « Moins cher que le fonctionnement de l’Élysée ! » Applaudissements à gauche, sifflets à droite. Ambiance et suspension de séance. Ces temps-ci, l’atmosphère de l’Hôtel de ville est pimentée, alimentée par le refus du maire d’appliquer le service minimum d’accueil à l’école et par ce débat fiscal.


« Coup de matraque »


Certes, Delanoë explique que la hausse des impôts – annoncée dans son programme électoral – va permettre d’être « plus puissant en matière de solidarité ». Elle s’accompagne d’ailleurs d’une nouvelle aide au logement pour 2009. Mais à droite, le « coup de matraque » est jugé « insupportable », en particulier par le président de la commission des finances du Conseil de Paris, l’UMP Jean-François Legaret.

Le maire du Ier arrondissement évoque « un lynchage fiscal inédit » et prévient que « la hausse de 9 % des impôts sera renouvelée au même niveau en 2010 comme l’a lui-même annoncé en séance Bernard Gaudillère », l’adjoint au budget. Legaret juge que « cette hausse des impôts ne suffira pas, de toute façon, à résoudre les difficultés financières à venir de la ville, au vu de sa gestion ».

Même si la Mairie annonce des économies de fonctionnement de 20 millions d’euros pour 2009 et le gèle des embauches, il dénonce « un autisme total face à la conjoncture économique ».



Source
: lefigaro.fr

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Publié dans Politique

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