Made in France. Le retour ?

Publié le par E&R-Ile de France

Une virée dans les enseignes de la grande distribution montre le retour des étiquettes informant le consommateur de ce que le produit a été fabriqué en France. Signe des relocalisations ou coup de marketing tricolore ?


Made in France. Le retour ?

Les fêtes de fin d’année sont l’occasion, bon gré mal gré, de faire les courses dans toutes sortes de grandes surfaces plus ou moins spécialisées. Cette année, une chose bien nouvelle m’a sauté aux yeux : la présence sur certains articles de petites étiquettes tricolores portant les inscriptions « Made in France », « Fabrication française » ou « Produit en France ».
En l’espace d’un après-midi et le passage dans trois enseignes différentes de la grande distribution (textile, chaussure, jouet), j’ai vu se multiplier ce type d’étiquette « cocardière ». Tel le village d’Astérix au milieu de la Gaule romaine, il y a une résistance organisée et visible du « Made in France » au milieu d’un territoire que l’on croyait exclusivement réservée au « Made in China ».

Voir ainsi des jouets en plastique d’une célèbre marque jurassienne rachetée récemment par un groupe allemand estampillés « fabrication française », cela fait chaud au cœur… Ainsi donc, tout ne serait pas parti en Chine… pas encore ?

Serait-ce alors un indice d’une certaine relocalisation d’une production exilée un temps en Extrême-Orient et revenue dans nos vertes contrées par souci environnemental et social ? L’histoire serait trop belle. Elle est d’ailleurs fausse puisque pour une relocalisation il y aurait dix délocalisations… On sait aujourd’hui comment un autre groupe jurassien, spécialiste de la fabrication de lunettes, a magnifiquement bien communiqué une relocalisation qui ne concernait en fait que 7% de sa production !

Nous voilà rassurés ! On est donc bien dans le domaine du marketing, de la « com ». Ces petites étiquettes sont comme des tests que les commerciaux de ces groupes, plus tout à fait français mais pas encore entièrement chinois, nous imposent : êtes-vous prêts à payer un peu plus cher pour acheter un produit fabriqué au pays ?

Derrière le cas de conscience commerciale, ces gens du marketing ont au moins compris ce que les dirigeants éminents de la gauche officielle refusent d’aborder : celle de la préférence locale en matière commerciale qui pourrait déboucher sur un nécessaire protectionnisme européen. Les amis de Pascal Lamy seraient ainsi bien inspirés de se rendre compte que même les consommateurs des couches populaires sont aujourd’hui prêts à acheter français (ou européen) dans les temples du libre-échange. Une bonne leçon pour débuter 2010.

Jean-Philippe HUELIN
Samedi 2 Janvier 2010

Source : www.jphuelin.blogspot.com

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article