Licenciés pour avoir critiqué leur entreprise sur Facebook

Publié le par E&R-Ile de France

929908 facebookLe renvoi de trois salariés pour des propos tenus sur le réseau social Internet Facebook est-il légal ? C’est de cette épineuse question qu’a débattu hier le conseil de prud’hommes.

Deux voix contre deux. Ni les avocats d’Alten, société d’ingénierie dont le siège est à Boulogne-Billancourt, ni ceux de deux anciens salariés licenciés l’an dernier n’ont réussi, hier, à convaincre l’un des prud’homaux de faire pencher la balance en leur faveur.

 

Une nouvelle audience avec l’appui d’un cinquième conseiller, issu de la magistrature, dont la date n’est pas encore connue, permettra de départager les deux camps.

 

Si Alten l’emporte, de nombreux salariés peuvent commencer à trembler derrière leur écran. Car l’affaire qui passait hier devant le conseil de prud’hommes de Boulogne est d’importance : il s’agit de décider si oui ou non la direction du groupe, qui emploie 11300 collaborateurs dans le monde, avait le droit, comme elle l’a fait, de renvoyer trois de ses employés pour avoir critiqué leur hiérarchie via .

 

 

Un internaute voulant sans doute du bien aux trois personnes en délicatesse avec leurs supérieurs avait transmis à leur employeur une copie des propos désobligeants tenus sur ce réseau social sur . Et ces écrits ont motivé leur renvoi pour « faute grave ». Selon la direction d’Alten, les propos tenus traduisaient une « incitation à la rébellion » et un « dénigrement de l’entreprise ».

 

« Si, à l’avenir, on peut être licencié pour des propos tenus sur Facebook, c’est la vie privée qui est menacée », s’alarme Me Grégory Saint-Michel, l’avocat de deux d’entre eux. Le troisième a quitté Alten à la suite d’une transaction à l’amiable. Le juriste met en avant le caractère « privé » des échanges de ses clients sur le Web.

 

Une vision que ne partage pas Alten. « A partir du moment où l’on publie des propos sur un site social ouvert, on peut difficilement considérer qu’ils appartiennent à la sphère privée », estime Hélène Grignon-Boulon, la directrice des ressources humaines d’Alten. Les dirigeants de la société de conseil en technologies prennent le soin de préciser qu’ils n’ont « pas violé la vie privée de leurs salariés », une tierce personne leur ayant remis les documents utilisés pour justifier leur mise à la porte.

 

De nombreux internautes utilisant la Toile pour exprimer leurs pensées les plus intimes vont devoir réfléchir avant se laisser aller sur leur clavier. Le risque de la sanction existe si leurs actions présentent un caractère diffamatoire. La décision des prud’hommes de Boulogne, quand elle tombera, pourrait bien faire jurisprudence.

 

Source : leparisien.fr

Publié dans Social

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