Le ras-le-bol des commerçants des puces de Montreuil

Publié le par E&R-Ile de France

917034 6f17464a-5c88-11df-9e12-00151780182cHier, les habitants et les vendeurs des puces ont manifesté contre le marché de la misère qui a investi le quartier. Ils demandent aux forces de police d’y mettre un terme.

« Si personne ne fait rien, il risque d’y avoir un drame. Dans le quartier, les nerfs des habitants sont à vif », peste Jacqueline. Emmitouflée dans son manteau bleu ciel, la vieille dame s’est levée très tôt hier pour crier sa colère contre la présence des vendeurs du de la misère. Comme elle, environ 300 personnes ont manifesté, dès 8 heures autour de la place de la Porte-de-Montreuil (XXe), pour enjoindre les autorités d’empêcher les vendeurs à la sauvette d’investir leur quartier, du vendredi au lundi.



Trois mille stands improvisés au sol

Toutes les semaines, sur les trottoirs des rues qui bordent les puces de Montreuil, environ trois mille stands de fortune s’installent à même le sol. Les chiffonniers y monnayent toute sorte d’articles : vêtements, médicaments, téléphones portables et même des aliments. « Quand ils partent, c’est dégueulasse », tempête Nathalie, une riveraine. « Ils squattent les halls d’immeuble, font leurs besoins n’importent où, c’est franchement insalubre », poursuit cette mère de famille, excédée.
Claudine, une de ses voisines, secoue la
, l’air dépité : « Mon fils ne passe plus à la maison. On se retrouve ailleurs. Et je n’ose même plus faire venir des invités tellement j’ai honte. » A ses côtés, Martine acquiesce. « Si ça continue, on va finir par déménager », soupire cette habitante, venue, elle aussi, manifester contre la présence de ces puciers clandestins.
En tête du cortège, de nombreux commerçants « officiels » des puces. « A cause des sauvettes, les clients désertent nos stands, s’insurge Benjamin Dawdi, l’un des membres de la direction des puces. On a perdu plus de 30% de notre chiffre d’affaires. On n’en peut plus. » En signe de protestation, lui et ses collègues ont attendu la mi-journée pour déballer leur marchandise. « Mais attention, précise Nejib, un autre vendeur. Pas de malentendu. Ici, personne ne manifeste contre les Roms ou les clandestins asiatiques. On demande juste à ceux qui les ont autorisés à gagner la
de ne pas laisser pourrir la situation. »
Bardée de son écharpe tricolore, en tête du cortège, Frédérique Calandra, la maire du XXe arrondissement, ne décolère pas. « Ce marché de la misère n’est pas tenable. Ni pour les riverains ni pour les commerçants. Mais ce n’est pas à la porte de Montreuil de régler toute seule le problème des Roms. C’est à l’Etat de gérer cette question. »

 

Source : leparisien.fr

Commenter cet article