[Vidéo] Le bobo en question

Publié le par E&R-Ile de France

 

 

« Il lit Frédéric Beigbeder en franc ou en euro, s’habille chez GAP, mange bio, hait la mondialisation – tout en possédant un portefeuille d’actions boursières – et jongle avec les paradoxes comme avec son palm pilot : le bobo. Bobo, c’est l’acronyme de bourgeois-bohème, terminologie choisie par le journaliste américain David Brooks du New-York Times, afin de définir la génération montante made in US. […]


N’est pas bobo qui veut ! D’ailleurs, on ne naît pas bobo… on le devient ! Pour ce faire, mieux vaut avoir l’esprit malléable et les poches bien remplies. Surtout ne jamais oublier de clamer son unicité ! Par définition, le bobo ne fait jamais comme tout le monde : il fustige la mode, mais file directement chez Gap ou Zara trouver le vêtement vrai-faux-chic et décalé qui lui permettra de se faire quand même remarquer (il ne manquerait plus qu’il passe inaperçu !). En vacances, ne cherchez pas le bobo dans les lieux branchés si peu originaux : notre homme préfère retaper une vieille ferme dans le Poitou plutôt que de s’exposer aux flashs de la jet-set.



En être moderne, le bobo sait où il va mais plus d’où il vient. Il parle écologie, trou de la couche d’Ozone, ne porte que des matières naturelles tout en abusant dans le même temps de toutes les technologies de la Silicon Valley. D’ailleurs, il se surveille et veille à bien entretenir un certain flou concernant son art de vie. Détenteur selon lui des vérités indubitables chères à Descartes, le bobo suit consciencieusement sa méthode… […] Il faut également que le bobo pratique le perfectionnisme pour les petites choses.
Sous-entendu : il faut pour cela être très intelligent afin de discerner et retenir que plus une chose est petite, plus il est louable d’avoir réfléchi avant de l’acheter ! […] Autres vertus essentielles de ce club si select : les élites socio-culturelles doivent se ruiner pour des choses qui ne sont pas chères. Histoire de bien se distinguer des élites cossues, plus riches mais moins intelligentes et pas très au fait en matière de dentifrice bio à 35 euros le tube ! Dernier code de l’étiquette : préférer les magasins offrant un choix de produits encore plus vaste que dans ses rêves et ne pas s’attarder sur les choses aussi vulgaires que le prix. Que nenni ! Preuve que le bobo est maître de sa consommation, lui !


Question idéologie, le Bobo est très open : contre le racisme, pour le droit d’adoption des homosexuels, pas macho… Toute nouvelle idée est bonne à prendre et à exploiter.
Pour cela, il surfe des heures sur le net, persuadé de s’enrichir intellectuellement et de faire de bonnes affaires. Quand il aura constaté que tout le monde shoppe sur Internet, il retournera dans la boutique du coin de la rue et prônera le retour des petits commerces si sympathiques et humains…. Un point marquant de son éducation est son culte de la forme naturelle : avoir la santé grâce à un subtil dosage de soja et de tofu bio. C’est là qu’apparaît le drame de cet animal qui se voudrait si différent : comme un consommateur lambda, il n’a pas résisté aux sirènes des idées toutes faites et au biomarketing. D’ailleurs c’est là son drame ! A force de s’inventer, il apparaît comme un nouveau riche pas très révolutionnaire, un écolo moderne qui aimerait concilier nouvelle économie et profit avec culture de son jardin et commerce équitable. »


 

Anne de Kinkelin, C’est quoi être bobo aujourd’hui ?

Mercredi 06 janvier 2010


 

Source :  www.unitepopulaire.org

 

 


Publié dans Société

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