La rénovation de la cité bloquée au nom de l’histoire

Publié le par E&R-Ile de France

 

915829_6e980132-5bbb-11df-8826-00151780182c.jpgAlors que le chantier de réhabilitation de la cité de l’Etoile, à Bobigny, était prêt à démarrer, le ministère de la Culture met son veto. Il envisage son classement au Patrimoine historique.

 

 

Difficile de trouver un point commun entre la cité de l’Etoile et le château de Versailles. Les du ministère de la Culture vont pourtant former une commission qui pourrait classer la cité au patrimoine historique. Résultat : les projets de réhabilitation viennent d’être brutalement reportés, le temps que la commission rende ses conclusions.

C’est lors de la réunion publique du 26 avril que les habitants ont appris la mauvaise nouvelle. Excédé, l’un d’entre eux est venu avec un bloc de béton, détaché de son balcon, et a proposé que ce « morceau de patrimoine » trône dans les bureaux du ministère. Une anecdote qui en dit long sur le fossé séparant les riverains des fonctionnaires de la rue de Valois.
D’après les explications données par le ministère à Emmaüs Habitat — le gestionnaire du site — et à la mairie, la cité de l’Etoile doit être préservée car elle il s’agit d’une cité d’urgence construite en 1956 après l’appel de l’abbé Pierre par un grand nom de l’architecture, Georges Candilis.
Sauf que le quartier a très mal vieilli. « J’ai quatre enfants qui souffrent d’asthme à cause de l’humidité, enrage Hassan, un habitant. Le béton se fissure, la peinture ne tient plus, c’est ça notre patrimoine historique? En tout cas, je n’ai jamais vu de touriste ici. » « On se fout de l’architecture, renchérit Sarah. On veut juste vivre dans un confort décent. » L’intervention du ministère est incompréhensible pour Guy Edart, de l’amicale des locataires : « Une barre d’immeuble a été en partie détruite il y a quelques années sans qu’il n’y trouve à redire. »
Les habitants attendent la réhabilitation de leur cité depuis… 2003. En 2007, un projet prévoyant la reconstruction de la moitié des 763 logements et la rénovation des autres est signé avec l’Etat dans le cadre du programme national de rénovation urbaine. L’unique tour de la cité devait être transformée en logements étudiants, le mail désenclavé, les rues réhabilitées… Les pelleteuses étaient prêtes à entrer en action. Mais tout a été stoppé à la dernière minute, à la stupeur générale. « L’Etat était au courant de ce chantier depuis 2007, voire depuis 2003 et personne ne nous a fait de remarque, regrette Nelly Lordemus, directrice générale d’Emmaüs Habitat. Si la commission rend un avis de classement, nous risquons de perdre deux ans puisqu’il faudra refaire les appels d’offres. » La maire PC de Bobigny, Catherine Peyge, insiste : « La réalité de la vie des habitants doit être prise en compte. Ces travaux sont fondamentaux. C’est un engagement que nous, et l’Etat, avons pris auprès de la population. »
Pour beaucoup, l’argument Candilis ne tient pas : l’architecte avait lui-même expliqué que ses bâtiments, construits dans l’urgence, avaient une durée de vie de 50 ans maximum… Contacté, le ministère de la Culture n’a pas donné suite à notre appel.

 

source : le parisien.fr

 

 

Publié dans Social

Commenter cet article