« Je vois encore le visage en sang de mon collègue »

Publié le par E&R-Ile de France

986090 1Les policiers se sont exprimés hier au tribunal au cours du procès des émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel.Des récits empreints d’émotion et de colère.

Un à un, ils se succèdent à la barre. Gardiens de la paix, brigadiers et lieutenants de police sont venus raconter hier ce qu’ils ont vécu lors des trois soirées d’émeutes à Villiers-le-Bel, en novembre 2007. Comme un exutoire… La cour d’assises du Val-d’Oise, qui juge quatre tireurs et un complice présumés avoir blessé ces policiers, a longuement écouté ces récits empreints à la fois d’émotion et de colère.

 

Vingt-six ont été blessés le 25 novembre, ils étaient cinquante-quatre le lendemain.

  

« On me tire dessus… Je sens mon bras s’engourdir et là, mon collègue s’aperçoit que je saigne », raconte Marie, avec un accent du Sud. Blessée, elle rejoint alors le car de police transformé en ambulance de fortune. « A l’intérieur, il n’y avait que des policiers blessés, on nous a conduits au centre des pompiers », poursuit-elle. A l’abri des tirs, Marie craque et se met à pleurer : « On va me soigner, mais avant ça, on me donne une pancarte et un numéro d’attente, il y a tellement de blessés. »

 

Sébastien, en poste à la CRS 43, est touché à plusieurs reprises, son visage est criblé de plombs, à tel point que lorsque son collègue le regarde pour évaluer ses blessures, il manque de faire un malaise. « J’ai alors regardé dans le rétro de la voiture, une partie de mon visage n’était plus là… » Un autre se souvient : « On reculait, on reculait encore et il y avait toujours plus de blessés dans les rangs. Je vois encore le visage en sang de mon collègue, ça coulait, ça coulait… » lâche-t-il face à la cour. Conduite à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois (93), Marie, elle, ne retrouve pas la sérénité : « Il y avait des jeunes, c’était très tendu. J’étais en uniforme et les infirmières ont été obligées de me mettre une couverture pour me dissimuler avant de m’enfermer à clé dans une pièce », poursuit Marie.

 

Aujourd’hui en service en Seine-Saint-Denis, un policier spécialisé dans les missions difficiles assure qu’il « n’avait jamais vu ça ». « Les embuscades, je connais, mais là, l’organisation était sans faille, elle était faite pour tuer les policiers », termine-t-il la voix remplie de colère.

 

Source : leparisien.fr

Publié dans Sécurité

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