Ils n’en peuvent plus des agressions

Publié le par E&R-Ile de France

1094116 3cd2f24e-cf45-11df-8c76-001517810e22Médecins, infirmiers, pharmaciens ou kinés de Stains et Pierrefitte ont défilé samedi lors d’une matinée santé morte. Ils lancent un appel pour que cessent les violences les visant.

«Cela fait vingt ans que je travaille à Pierrefitte, j’y suis la seule pédiatre libérale, j’aime mon métier, mes patients sont adorables, mais ce n’est plus tenable. J’ai été agressée deux fois, la dernière il y a deux ans avec un poignard sur le cou. Ma femme de ménage l’a été quatre fois.

 

A ma place. J’ai dépensé une fortune pour sécuriser mon cabinet. Mais à la prochaine agression, je m’en vais. Seulement, qui va me remplacer? Personne ne veut venir travailler ici. Récemment, une urgentiste a fait machine arrière au dernier moment, effrayée par les récentes agressions. »

 

 

Françoise Dupré, 55 ans, n’est pas seule à en avoir « gros sur le cœur ». Médecins, infirmiers, dentistes et pharmaciens, kinés et responsables de laboratoires d’analyses, tous les professionnels de de Pierrefitte-sur-Seine et Stains ont observé, samedi, une matinée santé morte à l’initiative de leurs deux associations locales. Derrière des pancartes « Stop à la violence », une centaine d’entre eux ont défilé entre les marchés des deux villes et fait signer une pétition qu’ils adresseront à la ministre de la Santé et au de la République.

 

 

Les élus demandent un commissariat à Pierrefitte

  

« Nous voulons interpeller les pouvoirs publics, mais aussi la population. Ce sont vos enfants qui nous agressent! » Jean-Baptiste est l’une des dernières victimes. Le 27 juillet, à 16 heures, cet infirmier s’est fait attaquer par quatre ados dans un hall du Clos-Saint-Lazare. « Il y a dix ans, je m’y étais fait voler mon téléphone portable. Cette fois, c’est ma voiture et avec un pistolet sur la ! La police les a vite retrouvés mais depuis je ne suis pas à l’aise. Et comme beaucoup, je réfléchis à partir. »

 

Beaucoup de ces victimes soulignent que la police est intervenue rapidement et efficacement. Mais le maire de Pierrefitte-sur-Seine, Michel Fourcade (PS), qui était du cortège (le maire de Stains, Michel Beaumale, PCF, les a rejoints en fin de manifestation), estime que leur sécurité ne peut être assurée qu’avec un commissariat à Pierrefitte. « Avec l’arrivée de la tangentielle et du tramway, il nous faut plus que jamais ce commissariat. Nous sommes passés de 170 policiers en 2000, à 133 en 2008 et 124 en 2010 au commissariat de Stains. Et les renforts de Paris ne peuvent pas intervenir dans la minute. » Baume au cœur des praticiens, une petite centaine de patients ont rejoint la manifestation. « C’est la première fois de ma vie que je manifeste, avoue Grazyna, une habitante de Pierrefitte. Mais cela me tient à cœur. Notre docteur suit notre famille depuis trente ans. S’il s’en va, s’ils s’en vont tous, qui nous soignera? Sans médecin, on meurt. »

 

Source : leparisien.fr

Publié dans Sécurité

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