Dormez tranquille, le préfet ne craint pas de nouvelles émeutes

Publié le par E&R-Ile de France

 

0992d1ce5be49e83dcbf2bb7ed3db975.jpgLe préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, interrogé récemment par France Inter a déclaré qu’il n’existait pas de « menaces particulières » pour que des émeutes telles que celles de 2005 se reproduisent. Il estimait même que la situation « s’était considérablement améliorée ».

Son jugement se veut rassurant. Pour notre part, nous ne sommes pas aussi optimistes. Nous savons bien que chaque intervention des forces de sécurité est délicate et que des violences urbaines peuvent éclater à tout moment. D’ailleurs des membres des forces de l’ordre reconnaissent que pour réduire les risques d’embrasement, les policiers ne se déplacent qu’occasionnellement dans certains secteurs de nos villes.

Nous ne pouvons pas accepter cette situation. En réalité, ce que demandent les habitants de Seine-Saint-Denis, c’est un réel rétablissement de l’ordre républicain.

Malgré les discours de Nicolas Sarkozy et de son ministre de l’intérieur, nous souffrons dans nos banlieues d’une montée inacceptable de l’insécurité. Le satisfecit des autorités est contrarié par la réalité du terrain. Nos concitoyens ne cessent de dénoncer des agressions toujours plus fréquentes et violentes. Quant aux professionnels de la sécurité, nombreux sont ceux qui déplorent la succession de guet-apens et attaques dont ils sont victimes.

Le constat d’échec est saisissant. Il est d’ailleurs validé par Eric Raoult, député UMP de la douzième circonscription de Seine-Saint-Denis qui, lors d’une intervention dans le Talk Orange-Le Figaro du 29 septembre 2010, stigmatisait « la drogue qui accapare les quartiers » ainsi qu’ « une violence sans raison ».

Dans ce domaine comme dans bien d’autres, il est urgent pour le gouvernement de revenir à moins d’emphase et moins de propos excessifs. Car en réalité, il existe un décalage vertigineux entre les annonces et les actes sur le terrain. La cohésion nationale est en jeu et la lutte contre la délinquance implique une rupture avec les politiques actuelles. Il est indispensable de définir une stratégie cohérente face à l’insécurité et de stopper les communications gouvernementales contradictoires. De même, à l’heure des choix budgétaires, il serait préférable de privilégier une redistribution des moyens financiers qui permettent de doter les ministères de l’intérieur et de la justice des moyens matériels et humains nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.

Sur l’air de tout va très bien et de paroles, paroles et paroles …

Dimanche dernier, Christine Lagarde était invitée sur les ondes d’Europe 1. Deux ans après le début de la crise financière, elle se voulait rassurante sur la santé de l’économie française. Plus j’écoutais les arguments de la ministre et plus je me disais que nous (adhérents de DLR) sommes injustes avec ce gouvernement qui permet à notre pays de renouer avec la croissance. L’émission terminée, j’étais réconforté et reconnaissant puisque tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Malheureusement, ma bonne humeur fut vite assombrie à la lecture des chiffres du chômage dans le département de la Seine-Saint-Denis. Au 31 aout 2010, notre territoire comptait 85500 chômeurs de catégorie A (ceux qui cherchent un travail et n’ont exercé aucune activité) soit 1000 chômeurs de plus par rapport au mois de juillet. Sur un an, le chômage a progressé de 8 % en Seine-Saint-Denis, plus forte augmentation de la région Ile-de-France où la hausse moyenne est de 5,4%. Ces chiffres sont pour le moins mauvais et fragilisent la cohésion sociale de notre département. C’est également sans compter l’annonce faite cette semaine par la direction de l’usine PSA d’Aulnay-Sous-Bois qui supprime 600 postes d’intérimaire ainsi que l’équipe de production de nuit.

Le décalage entre les paroles lénifiantes de la ministre et la réalité du terrain est saisissant. Certes, l’économie amorce un léger sursaut. Mais c’est oublié que ce redémarrage est très fragile et que notre croissance est plus molle que celle de nos principaux partenaires notamment nos amis allemands. En réalité, Madame Lagarde ne s’adresse pas aux français. Ces séances médiatiques, au cours desquelles Madame Lagarde se félicite de tout ce qu’elle entreprend, visent à rassurer les dirigeants des entreprises du CAC 40, les princes de la finance, les agences de notation ainsi que la commission européenne.

Mais la situation de l’emploi est si préoccupante que des adeptes du libéralisme et de l’orthodoxie financière sont prêts à remettre en cause les dogmes qui régissent l’establishment financier et politique. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn (oui, vous avez bien lu) déclarait récemment : « nous devons reconnaître que la crise ne sera pas terminée tant que le chômage n’aura pas diminué de manière significative ». Quant aux économistes de la CNUCED, ils affirment « qu’une stratégie de croissance durable exige une plus grande attention à la demande intérieure ». J’en déduis qu’il nous faut prendre contact avec ces derniers afin qu’ils alimentent les réflexions économiques de DLR.

Cependant, je demeure perplexe. N’est-ce pas ce même DSK qui persiste par l’intermédiaire du FMI à administrer une cure d’austérité sans précédent aux Grecs ? N’est-ce-pas ce même directeur du FMI qui ne fait rien pour endiguer la toute puissance des banques qui échappent à tout contrôle alors que les contribuables ont permis leur sauvetage.

Qu’ils soient aux responsabilités en France ou dirigeants de grands organismes internationaux, « les cyniques » doivent cesser de nous prendre pour des imbéciles et accompagner leurs belles paroles d’actes significatifs afin de reconstruire un système économique plus juste.

Les français ne sont pas dupes. Il est temps de placer en tête de nos priorités la lutte pour l’emploi. En effet, le chômage est la source principale de la désocialisation, de la délinquance, des déficits qui fragilisent notre pays.

Ce volontarisme passe par la mise en œuvre d’une politique alternative. Nicolas Dupont-Aignan a déjà exposé ce que devrait être cette politique de rupture lors de nombreuses interventions :

- Une autre stratégie monétaire avec le rejet d’une monnaie forte qui encourage les délocalisations.

- Une réforme de notre système fiscal et de formation.

- Le refus du libre échangisme mondial qui casse notre industrie nationale et remet en cause notre système social hérité du Conseil National de la Resistance.

Ces thèmes et bien d’autres seront abordés assurément lors du Congrès de DLR le 21 novembre 2010. Je vous incite donc à participer à cet événement crucial pour notre mouvement.

Didier Vasseur

Président de DLR pour la Seine-Saint-Denis (93)

Ancien Maire-Adjoint de Villepinte et Membre du Comité Directeur de l’Union Villepintoise

Stéphane Chassigneux

Secrétaire Départemental DLR pour la Seine-Saint-Denis (93)

DLR 93

BP13, 399 Clichy-Sous-Bois

 

 

Source : http://www.debout-la-republique.fr/Dormez-tranquille-le-prefet-ne.html

 

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