Conflans-Sainte-Honorine : Thomson entre menaces et négociations

Publié le par E&R-Ile de France

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L’avenir est sombre pour les salariés de Technicolor, une filiale du groupe Grass Valley , à Conflans-Sainte-Honorine. La direction de ce spécialiste de la vidéo et de la diffusion télé ou radio a confirmé ce mardi lors d’un comité central d’établissement qu’elle prévoyait 119 licenciements sur les 388 emplois à Conflans-Sainte-Honorine.

 

 

 

 

En parallèle, les sites de Brest (Finistère) et de Rennes (Ille-et-Vilaine) se sépareront respectivement de 26 et 182 personnes.
Pour marquer leur colère, une trentaine de salariés réunis par une intersyndicale CFDT--FO-Sud ont bloqué l’accès au site pendant une bonne partie de la matinée. Dans les fumées noires dégagées par un feu de pneus, ces hommes et ces femmes ne mâchent pas leurs mots : «Les gros salaires ont fait n’importe quoi depuis des années, fustige Daniel, 59 ans, dont 36 passés dans l’entreprise. J’ai démarré chez Thomson à Gennevilliers, il y avait des milliers de travailleurs. On fabriquait du matériel de haute technologie et aujourd’hui, on ne construit plus rien. Notre patrimoine industriel a été dilapidé.»
Chez certains, cette amertume cède le pas à la colère, voire aux menaces. «On ne va rien lâcher, promet Jean-Pierre Ottavi, le responsable de l’intersyndicale. De toute façon, si la direction passe en force et licencie ces gens, on incendiera les trois sites.»

Selon ce militant syndical, Technicolor a organisé depuis janvier 2009 l’asphyxie financière des unités françaises. «Nos carnets de commande sont vides, explique-t-il. Technicolor va nous revendre en petits morceaux pour se replier aux Etats-Unis. Ceux qui n’auront pas été licenciés se retrouveront dans la même situation qu’aujourd’hui.»

La direction du groupe argue que l’année 2009 a vu le chiffre d’affaires chuter de 30% et que Technicolor «cumule 87 M€ de pertes». Dans ces conditions, «la vente d’activités qui n’entrent plus dans la stratégie du groupe est nécessaire, continue un porte-parole. Nous devons restructurer pour mieux vendre car le marché est en baisse sévère.» Contrairement à ce qui s’est fait ailleurs, «la France n’avait pas connu de restructuration majeure, conclut la direction de Technicolor. Cela explique l’ampleur du plan.»

Le prochain rendez-vous entre direction et partenaires sociaux est fixé au 29 avril pour lancer officiellement le Plan de sauvegarde de l’emploi en abordant les conditions d’accompagnement et de reclassement des salariés licenciés.
 
 
 
Source : leparisien.fr

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