Polémique en France autour des listes "anti-sionistes" de Dieudonné

Publié le par E&R-Ile de France


L'Elysée a déclenché dimanche une polémique en affirmant étudier l'interdiction des listes "anti-sionistes" que Dieudonné veut présenter aux Européennes, l'humoriste controversé parlant de "lobby sioniste", Jean-Marie Le Pen de "censure", alors que le PS soupçonne un "coup électoral".





Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des propos sur la Shoah et les juifs, a annoncé fin avril son intention de présenter au moins cinq listes "anti-sionistes" au scrutin de juin, avec notamment l'ancien membre du Front national Alain Soral.

"Les pouvoirs publics sont en train de voir si ces initiatives tombent sous le coup de la loi. Je ne suis pas sûr que nous parvenions à les interdire", a déclaré dimanche le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant sur Radio J.

"Est-ce qu'on peut se présenter aux élections avec un programme ouvertement antisémite", s'est-il interrogé, dénonçant une "initiative absolument scandaleuse". "Dieudonné est antisémite tout le temps", a-t-il conclu.

"Je pense que c'est absolument impossible d'interdire une liste, il faudrait faire voter une loi et les délais sont extrêmement courts", a répliqué Dieudonné, interrogé par l'AFP.

Evoquant un "effet d'annonce politique", il a assuré : "nous irons jusqu'au bout de cette démarche". "Nous serons la seule liste anti-sioniste, la seule liste à s'opposer de manière frontale à ce lobby sioniste extrêmement puissant dont M. Guéant se fait l'écho aujourd'hui en bon petit soldat", a-t-il ajouté.

Même argumentation pour Alain Soral. "C'est scandaleux. Ce qu'il a dit, là où il l'a dit, sur une radio communautaire (juive, NDLR), signifie que l'Etat se soumet aux ordres du lobby sioniste en France", a-t-il dit à l'AFP.

Ces propos sont "assez obscènes quelques mois après les événements de Gaza" et alors le chef de la diplomatie israélienne, l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, doit être reçu mardi à l'Elysée, a-t-il poursuivi.

Né en 1966 en banlieue parisienne, d'une mère française et d'un père camerounais, Dieudonné M'Bala M'Bala s'est, ces dernières années, rapproché du FN, dont le président Jean-Marie Le Pen est parrain d'un de ses enfants.

"Les inconvénients de la censure sont plus graves que ceux de la liberté", a réagi ce dernier sur Canal+. "Moi je crois à la démocratie, à la liberté, je crois au combat des idées, je ne crois pas à la méthode policière qui consiste à faire respecter certaines règles qui défendent certaines minorités".

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a, lui, vu dans la sortie de M. Guéant un possible "coup électoral". "A quoi joue l'Elysée et à quoi joue M. Guéant? A quoi cela sert-il et quels sont les calculs derrière cela? Pourquoi ce coup de pub?," s'est-il interrogé sur Europe 1.

Evoquant des "propos d'inspiration négationniste" de M. Le Pen, il a jugé qu'il faudrait alors "interdire les listes Front national aussi".

Xavier Bertrand, patron du parti présidentiel UMP, a soutenu l'interdiction, jugeant sur France Inter que "les listes dont le seul moteur est la haine n'ont rien à faire dans le débat démocratique". Marielle de Sarnez, candidate MoDem aux européennes, a jugé sur BFM "absolument normal que ça tombe sous le coup de la loi".

Dieudonné est convoqué mardi (mais l'audience sera probablement reportée) devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivi pour "injures raciales" après avoir en décembre dernier remis lors d'un de ses spectacles un "prix de l'infréquentabilité" au révisionniste Robert Faurisson.

M. Le Pen et divers responsables d'extrême droite assistaient au spectacle


Source : france24.com

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