Main basse sur les 135 milliards d’euros d’encours du livret A !

Publié le par E&R-Ile de France


Le ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a annoncé vendredi 10 avril une baisse du taux du livret A : à compter du 1er mai 2009, il sera ramené à 1,75 %, son plus bas niveau historique. Il était encore à 4 % en août 2008, puis 2,5 % depuis février 2009.



Il avait été créé au début du XIXe siècle et, depuis, son taux n’était jamais descendu en dessous de 2 %. 46 millions de petits épargnants sont floués par la baisse du livret A. 5 000 milliards de dollars ont été déversés aux spéculateurs lors du G20 par l’administration américaine, l’Union européenne et les gouvernements de chacun de ses Etats. En France, le gouvernement avait déjà accordé 420 milliards d’euros aux banques.

Qui va payer ? Les millions de travailleurs licenciés, de jeunes sans emploi : 90 000 suppressions d’emplois en janvier, 80 000 en février… Combien aujourd’hui ?

Qui va payer ? Tous ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail, comme les petits épargnants, dont 70 % ont moins de 750 euros en dépôt sur le livret A. Comme toujours, il y a une explication officielle. Il s’agirait tout bonnement d’une simple et automatique formule de calcul : la chute du niveau des taux à court terme due aux décisions de la Banque centrale européenne et la chute de l’inflation. Le taux de 1,75 est d’ailleurs jugé encore « trop généreux » !

Mais qui donc, dans ce pays, a constaté une amélioration de son pouvoir d’achat ? Certainement pas la majorité de la population, qui subit la crise et se restreint de plus en plus pour se loger, se nourrir, se soigner…
Il s’agit bien d’un dépeçage de l’épargne populaire pour favoriser les fonds communs de placement, au détriment du livret A – et donc du logement social qu’il a pour objet de financer. 1,75 %... C’est offrir aux requins de la finance le moyen de proposer des placements à risque pouvant rapporter davantage, mettant l’épargne populaire entre les mains des spéculateurs, sans aucune garantie pour les travailleurs.

Et c’est, une fois de plus, l’Union européenne qui a condamné ce monopole comme étant une entrave à la libre concurrence et a imposé la libéralisation de la distribution et de la gestion de cette épargne. Ce qui autorise ainsi toutes les banques, qui le réclamaient depuis longtemps, à ouvrir des livrets A. Les travailleurs victimes de cette politique refusent de faire les frais de la crise.

Pour défendre l’épargne populaire, comme pour interdire les licenciements, le POI combat pour l’unité de la classe ouvrière et de ses organisations.

Il organise un rassemblement de masse à Paris le 16 mai pour :

– la confiscation des milliards donnés aux spéculateurs afin de satisfaire les besoins vitaux de la population
– la rupture avec l’Union européenne entièrement soumise aux intérêts des banques.
Prendront la parole des militants de toutes tendances en Europe, comme ceux en France qui unissent leurs efforts pour une marche unie sur Paris, pour l’interdiction des licenciements.



Source : parti-ouvrier-independant.com

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