Le monde selon K (Pierre Péan)

Publié le par E&R-Ile de France





UNE NOTE DE LECTURE de L'EQUIPE SCRIPTO


A propos de :

Qui est Bernard Kouchner, le Gauleiter libéral-mondialiste du Kosovo ?

 

 





 

 

Péan commence son bouquin par une anecdote surprenante. Pendant le France-Angleterre de la coupe du monde 2007 de rugby, Kouchner, qui dînait en public, se leva pour le God save the queen, mais pas pour la Marseillaise. De la part d’un ministre français en exercice, c’est pour le moins inattendu…

 

Or, des anecdotes de la même eau, le « Kouchner » de Péan en regorge. On peut les classes en 5 catégories :

 

a) « Un tiers-mondiste, deux tiers mondains » – Toutes ces anecdotes décrivent un « K » beaucoup plus préoccupé de l’image qu’il donne de lui-même que du résultat de ses actions sur le terrain. Par exemple : comment « K » répéta trois fois la fameuse scène au sac de riz, en 92, pour être sûr d’être beau en train de sauver l’Afrique !

 

b) « Deux poids, deux mesures » - Toutes ces anecdotes expliquent comment « K », mettant toujours en avant les crimes d’une partie et jamais ceux de l’autre, a contribué à diaboliser les « méchants » de certains conflits (les Serbes, les Hutus), alors que parfois, lesdits « méchants » ne l’étaient finalement pas plus que leurs adversaires. Exemple : comment « K », l’ami de l’Afrique, a soutenu Paul Kagame, le président rwandais tutsi, pourtant considéré comme un génocidaire par la justice espagnole (au Rwanda, on sait aujourd’hui que les Tutsis ont génocidé les Hutus qu’ils avaient sous la main avec autant d’enthousiasme que les Hutus, de leur côté, génocidaient les Tutsis tombé en leur pouvoir – une vérité hélas on ne peut plus prévisible).

 

c) « Toto a tout inventé ! » - Ces anecdotes nous racontent comment et pourquoi « K » s’est toujours attaché à personnaliser une action dont, bien souvent, il n’était qu’un protagoniste parmi d’autres, et souvent pas le principal protagoniste. Par exemple : comment « K » s’attribua à tort la paternité d’un certain nombre d’opérations humanitaires (« un bâteau pour le Vietnam »…), afin d’être l’homme qui apparaîtrait devant les caméras (à défaut d’être l’homme qui avait vraiment agi sur le terrain). Son plus grand fait d’armes en la matière ? Avoir réussi à faire installer une antenne parabolique en plein Kurdistan, en 1991, dans des conditions telles que l’acheminement de ces moyens de communication ultramodernes constituait un quasi-exploit logistique militaire, et tout cela pour assurer une bonne couverture télé de « son » opération humanitaire – tout cela pour que « Kouchner » rime avec « Kurdistan ».

 

d) « Ad augusta per angusta » - Ces anecdotes nous décrivent un « K » très habile pour se glisser dans les sphères de pouvoir, en arguant d’une légitimité de terrain largement surfaite. Par exemple : comment « K » sut habilement jouer de l’intérêt que le chef de l’Etat portait à l’impact médiatique de la posture humanitaire pour se pousser en avant dans le gouvernement, au milieu du deuxième septennat de Mitterrand, alors que les déconvenues économiques menaçantes et les problèmes de santé présidentiels mettaient en péril le pouvoir. Péan raconte, en particulier, le « forcing » fait par « K » pour la visite de Sarajevo, et l’utilisation habile qu’il fit de son rôle « humanitaire » pour réorienter visuellement le positionnement français, alors qu’il n’eut aucune prise réelle sur les évènements. En l’occurrence, il ne géra que sa propre image, et chercha avant tout, en se donnant une stature d’homme de terrain (ce qu’il n’était alors plus guère), à se rendre crédible lorsqu’il accusait les Serbes d’être seuls coupables d’épuration ethnique (ce qui était faux, on le sait maintenant de manière certaine).

 

e) « Et vicieux avec ça ! » - Ces anecdotes nous décrivent un « K » profitant, à des fins d’influence personnelle, des miettes de pouvoir qu’il a acquises en devenant le « monsieur propre humanitaire » des puissants du moment. Par exemple : comment « K » n’a pas pardonné à Ulysse Gosset de l’avoir « accroché » concernant le fameux épisode du sac de riz, en 92 en Somalie, et comment, comme par hasard, ce même journaliste fut viré, après l’arrivée, à la tête de l’audiovisuel extérieur de la France, de Christine Ockrent, à la ville madame Kouchner, la pigiste la mieux payée de France (10.000 euros la pige pour France 24, ça sert d’être femme de ministre).

 

Dans le même esprit, on remarquera aussi que « K » a contribué à la création d’une société commerciale qui a beaucoup travaillé avec certains régimes africains, et a semble-t-il rapporté beaucoup d’argent. Il est intéressant de relever que, donc, un homme qui bénéficie d’une influence certaine sur la politique africaine de la France a gagné beaucoup d’argent en travaillant avec les régimes politiques amis, en Afrique (Gabon, Congo).

 

Hum, hum. C’est, comment dire, gênant. Nous renvoyons les lecteurs intéressés à l’œuvre de Péan, qui, en la matière, a soulevé un coin du voile de manière particulièrement habile et instructive. D’où, sans doute, la vitesse avec laquelle « K » a dégainé la carte « les Juifs boucliers humains », en pleine Assemblée Nationale, arguant du fait qu’en dénonçant son affairisme, le sieur Péan en aurait voulu aux « cosmopolites »…

 

 

 

*

 

 

 

Cet ensemble d’anecdotes, mises bout à bout, finit par écorner sérieusement l’image du « bon docteur K ». Pour Péan, « K » est d’abord, tout simplement, un affairiste doublé d’un agent américano-britannique traître à la France. Même si les choses ne sont pas dîtes aussi franchement, c’est l’idée.

 

Quelle est la « méthode Kouchner », vue par Péan ?

 

Fondamentalement, « K » a été l’inventeur d’une adaptation habile de la « loi du tapage » de l’abbé Pierre (faire du bruit pour attirer l’attention du public), appliquée aux grandes tragédies internationales. Au Biaffra, il conçoit le premier l’idée d’utiliser les médias pour sensibiliser la population occidentale au drame du peuple ibo. Sa grande trouvaille : il a l’habileté de choisir une cible claire (l’armée nigériane), simplifiant artificiellement une situation complexe sur le terrain. « K » a compris que la sensibilité de sa génération exige un Méchant à combattre (de loin) pour que le petit bourgeois occidental puisse se ranger dans le camp du bien.

 

Par la suite, « K » perfectionnera peu à peu la méthode. Dans la foulée des agences d’influence anglo-saxonnes, il comprendra que plus que la quantité ou la qualité de l’information, c’est sa vitesse et son ciblage correct qui déterminent son impact. Cependant, ces perfectionnements de détail ne changeront pas le principe général. « K », constamment, se réfèrera à une vision du monde simpliste, avec un camp du bien (les génocideurs) et un camp du mal (les génocidés).

 

Mais cette vision simpliste n’est en général pas simple. Elle entre souvent curieusement en résonance avec certains intérêts, et c’est ainsi que « K » passe 20 ans à forger des outils de résistance aux logiques d’Etat, puis 20 autres années à se couler docilement dans ces mêmes logiques. Et dans un cas comme dans l’autre, « K » a toujours l’habileté de flatter certains intérêts, qui peuvent appuyer sa démarche.

 

En fait, l’apparente contradiction entre le « K » anti-Etat et le « K » pro-Etat n’en est pas une. En réalité, « K » n’a, pour l’essentiel, fait que servir les forces du mondialisme américanomorphes (en particulier en Yougoslavie contre les Serbes alliés potentiels de Moscou, en Irak pour les Kurdes potentiellement riches en pétrole, en Somalie pour cautionner la tentative d’implantation néocoloniale US, au Rwanda, base potentielle d’une offensive vers le Congo-Zaïre et ses immenses réserves de matières premières…). Il l’a fait parfois en luttant contre les logiques d’Etat de la France indépendante (au Rwanda, en particulier), parfois en se coulant dans les logiques d’Etat d’une France de moins en moins indépendante (en Irak, et dans une certaine mesure en Yougoslavie). Tout simplement, « K » est contre les intérêts français quand les intérêts français heurtent frontalement ceux du mondialisme, mais pour les intérêts français quand ces intérêts, momentanément, convergent avec ceux du mondialisme.

 

Conclusion : « K » multiplie les poses « morales » pour imposer une image de preux chevalier, puis il justifie, au nom de cette posture morale, un « devoir d’ingérence » qui, comme par hasard, cautionne toujours les interventions de l’OTAN (et jamais l’action contre les régimes amis des USA).

 

L’homme, pourtant, n’est pas un simple imposteur. Si le Gauleiter mondialiste du Kosovo est haïssable, lui qui a cautionné l’écrasement d’une petite nation souveraine en la diabolisant injustement pendant des années, pour ensuite être récompensé de son travail de démagogue par une superbe Kommandantur en territoire occupé, il faut aussi lui reconnaître sa part de tragique. Dans une certaine mesure, tel que Péan décrit « K », il est la dupe de son propre mensonge. Hanté par le souvenir de la destruction des Juifs d’Europe (Kouchner est demi-juif), il s’engage auprès des minorités systématiquement parce qu’il partage leur angoisse, sincèrement. D’ailleurs son action est, en partie seulement mais en partie tout de même, une action réelle, avec une véritable prise de risques, dans de nombreux cas. « K » n’est pas un lâche, et s’il est poseur, il n’est pas simulateur. Sa fascination pour l’action, même gratuite, même factice, s’explique d’abord par le besoin de fuir une angoisse réelle.

 

Pour Péan, « K » est un dominateur dont le moteur est le combat contre la domination. S’il défend les dominés, lui le demi-juif obsédé par le souvenir de la catastrophe, c’est parce qu’il domine les dominateurs en défendant les adversaires des dominateurs. C’est une démarche ambiguë, une démarche étrange où la noblesse (se prouver qu’on existe en prouvant que les dominés présumés ont le droit d’exister) côtoie de très près la pire ignominie (se prouver qu’on existe en niant le droit des autres dominateurs présumés à exister). Et une démarche qui, progressivement, au fur et à mesure que « K » devenait un homme de pouvoir, a dérivé toujours plus vers sa part d’ignominie, et donc toujours plus loin de sa part de noblesse – bientôt inexistante.

 

Pour notre part, en refermant le bouquin de Péan, nous nous sommes dit, comment dire… que s’il fallait trouver un homme pour illustrer la dimension luciférienne de l’humanitarisme, la nouvelle idéologie déshumanisante, c’est probablement Bernard Kouchner que nous choisirions. Tout simplement. Et nous en avons déduit que puisque notre pays est, bien évidemment, sur la route du projet mondialiste qui se dissimule derrière l’humanitarisme, ce n’était pas un hasard si « K », mis en place par l’ennemi du peuple Nicolas Sarkozy, détruisait la diplomatie française. C’est exactement pour cela qu’il a été nommé.

 

Tout simplement.

 



Source : scriptoblog.com

Publié dans Politique

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