Grève générale : forte mobilisation mais pas de « jeudi noir » (Paris-75)

Publié le par E&R-Ile de France


Les manifestions d’hier ont fortement mobilisé : pour la CGT, 1 500 000 personnes sur toute la France , 700 000 selon le Ministère de l’Intérieur. A titre de comparaison, la journée d’action pour les retraites avait rassemblée 20 fois moins de manifestants. Il faut dire que les thèmes d’hier se voulaient mobilisateurs - le refus de la politique du président Sarközy face à la crise - et que l’ensemble des syndicats s’étaient joints au mouvement, avec le soutien des partis politiques de gauche et d’extrême gauche.






Le mythe de la grève générale a cependant fait long feu. Les arrêts de travail, surtout dans les services publics, n’ont pas paralysé le pays. Seul un quart des quelque 5 millions de fonctionnaires ont participé à la grève, selon des chiffres officiels. Outre l’Éducation nationale, où au moins la moitié des enseignants ne travaillait pas, les perturbations touchaient surtout les chemins de fer, les transports en commun et aériens, mais sans atteindre les niveaux annoncés. Ainsi à Paris, 3 métros parisiens sur 4 ont roulé, comme plus de 8 bus sur 10. Ceux qui avaient choisi de travailler se déplaçaient sans difficultés majeures. Bref, le « jeudi noir » a fait pchiii…


Les syndicats tentent de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de garder la face. Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, la grève de jeudi est « un événement social de grande importance» et non « un coup de colère passager. Il y aura des suites »…
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, est plus emphatique : il s’agit pour lui de « l’une des plus grandes manifestations de salariés depuis une vingtaine d’années ». Pour autant, les syndicats pourraient bien avoir perdu hier leur capacité à peser sur la gestion de la crise par les pouvoirs publics. Incapables de bloquer le pays, comment pourraient-ils éviter que les salariés ne payent les coûteuses bêtises des banquiers ?


Eric Woerth, ministre du budget, a eu beau jeu de leur lancer que « La grève n’est pas une réponse à la crise ». Elle n’est surtout pas une réponse à leur manque de légitimité, et encore moins à l’incapacité du parti socialiste à n’exister autrement que par ses querelles intestines…




Source : novopress.info

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