Des adultes terrorisés par des bambins !

Publié le par E&R-Ile de France


Qui aurait pu croire, il y a seulement 50 ans, qu'un jour en France, des adultes, parents et éducateurs, se laisseraient terroriser par des chenapans de six ans ! C’est pourtant le constat désopilant que dresse Le Parisien du 15 octobre : plus de 30 000 gamins de moins de 11 ans feraient la loi dans les écoles et terroriseraient les adultes.



Insultes, morsures, coups de pieds ou gifles assénés à l’institutrice ou à l’instituteur : ces gosses mal ou pas du tout élevés posent à l’Education nationale des difficultés graves et (apparemment) insolubles. Un manifeste vient d’être adressé à ce sujet au président de la République par Sonia Imloul, membre du Conseil économique et social, présidente de l’association Respect 93 et auteur d’un livre intitulé Enfants bandits ?, consacré à « la violence des 3-13 ans dans les banlieues ».


Un seul de ces enfants violents suffit à paralyser toute une classe, souligne Maurice Berger, chef de service en psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Etienne. « On a de plus en plus d’enfants violents, qui le sont de plus en plus petits et qui frappent de plus en plus fort », constate-t-il. Ces gamins, qui font parfois preuve d’une « violence pathologique extrême », peuvent « exploser n’importe quand, à la moindre contrainte. Cela provoque alors une tension permanente. Rien n’arrête un enfant en crise, alors dans un état hallucinatoire, comme habité. Son visage se transforme. Sa force est décuplée. »


Première question : est-il raisonnable de scolariser des enfants qui présentent de tels troubles du comportement dans des écoles primaires normales ? Jusqu’à quel point ne mettent-ils pas en danger les autres élèves ? Et, en tout état de cause, peut-on accepter de sacrifier à un seul élève le travail de toute une classe – au risque de créer chez ses camarades des lacunes qu’ils traîneront tout au long de leur scolarité ?


Par ailleurs, comment expliquer cette augmentation de la violence enfantine, qui commence de plus en plus jeune, à en croire le témoignage d’un directeur d’école strasbourgeois ?


Si le diagnostic est bien posé, l’analyse des causes du mal et les remèdes proposés sont moins convaincants.
Concernant les causes, d’abord, les familles sont montrées du doigt : « Ce sont des gamins qui vivent dans des familles permissives, où il n’y a aucune règle. Assez souvent, il y a l’absence du père », constate le directeur d’école strasbourgeois. « Certains parents sont dans le déni, d’autres ne savent plus quoi faire et finissent par démissionner », explique de même Sonia Imloul.


Evoquant les remèdes possibles, les divers intervenants cités par le quotidien préconisent des politiques de « prévention », des classes à très faible effectif, des protocoles anti-violence, la présence de psychiatres et de policiers dans les établissements sensibles, voire, comme Sonia Imloul, un « bureau d’organisation familial » composé d’instituteurs, de magistrats, de psychologues et de parents, ou encore un « médiateur familial »


Responsabiliser les élèves et les parents


Seul, le pédopsychiatre stéphanois Maurice Berger envisage « l’internat dès le primaire avec un cadre éducatif ferme et une pédagogie adaptée ».

Or, qu’est-ce qu’un « cadre éducatif ferme », sinon un espace où des adultes imposent fermement une discipline ? Ce maître mot, qui conditionne l’ordre et la paix scolaire, ne figure pourtant jamais parmi les solutions avancées !


Non, il ne faut pas, comme le préconise Maurice Berger, « apprendre aux maîtres à maîtriser physiquement un jeune » ! Comment l’oseraient-ils, d’ailleurs, quand la moindre calotte donnée à un élève perturbateur vaut à un enseignant de passer dix heures en garde-à-vue ? Lorsque règne la discipline, il n’y a pas lieu d’en arriver à l’affrontement physique. Il n’est pas besoin non plus de demander une présence policière dans l’établissement : les surveillants suffisent à faire régner l’ordre sous les préaux.


Encore faut-il, pour instaurer la discipline, en appliquer les règles et se doter des moyens adéquats. Ces règles sont simples et depuis longtemps éprouvées : elles figurent pour l’essentiel dans le manuel Comment tenir sa classe, de l’instituteur Olivier Leroy, récemment réédité par SOS-Education. L'association en tient des exemplaires gratuits à disposition de tous les instituteurs (ou professeurs) qui en feront la demande. Qu'on se le dise !


Les moyens ne sont guère compliqués : ils passent par une échelle des sanctions couronnée par l’exclusion définitive de l’établissement en cas de faute grave. Encore faut-il, pour responsabiliser les élèves et les parents, que la gravité de cette sanction soit sensible. Tant que l’élève exclus sera, au nom de l’obligation de scolariser les enfants, automatiquement réintégré dans une école en tous points semblable à la première, ce caractère de gravité ne sera pas ressenti.


A cette fin, ne faudrait-il pas au moins exiger qu’il adresse, ainsi que ses parents, une lettre d’excuse au directeur de l’école qu’il quitte et une autre, de motivation, à la nouvelle école ? Que ses parents soient tenus pour responsables et eux-mêmes sanctionnés ? Qu’ils subissent, de même que l’élève, les inconvénients pratiques de l’exclusion, ne serait-ce qu’en termes de distance à parcourir jusqu’au nouvel établissement – ce qui aurait par ailleurs l’avantage de couper les petits voyous des banlieues de leur environnement habituel. Et qu’en cas de récidive, l’élève turbulent soit autoritairement placé en internat.


C’est par de telles mesures de bon sens que l’on se donnera les moyens de rétablir la discipline dans les écoles. C’est affaire de volonté.

Ce n’est pourtant pas vers ce type de solution que s’oriente le ministre de l’Education nationale qui souhaite au contraire supprimer toute possibilité d’exclure un élève à titre définitive. Les 75 000 membres de SOS Education demandent à Xavier Darcos de prendre au contraire les mesures propres à restaurer la discipline et l’ordre au sein des établissements, dans l’intérêt de l’immense majorité des élèves et des familles, qui doit prévaloir sur celui des quelques milliers de perturbateurs.


Source : SOSéducation.com

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article