CRISE : Les finances locales dans la tourmente (Seine-Saint-Denis-93)

Publié le par E&R-Ile de France


LA CRISE MONDIALE qui touche le secteur bancaire n’épargne pas les collectivités locales et notamment celles de Seine-Saint-Denis. Le président du conseil général (PS), Claude Bartolone, a tiré la sonnette d’alarme en évoquant les « bombes à retardement » qui menacent les finances locales. A l’heure où se préparent les budgets 2009, les communes s’inquiétent pour leurs investissements.




Le maire (NC) de Rosny-sous-Bois, Claude Pernès, a déjà lancé un appel en forme d’avertissement aux banques. Dans la ligne de mire des élus, la banque Dexia*, principal créancier des collectivités locales, récemment renflouée par l’Etat. Hier, une réunion était organisée à Matignon. Le gouvernement a décidé de débloquer 5 milliards d’euros pour venir en aide aux collectivités territoriales.


Pourquoi la crise bancaire touche les villes et le département?

 Ces dernières années, les collectivités locales se sont vu proposer un rachat de leurs dettes par des banques à des taux certes plus avantageux mais variables. Certaines proposaient même un délai de plusieurs années avant le premier remboursement, ce qui permettait aux communes de disposer de liquidités. La contrepartie, c’est que ces taux variables étaient indexés sur des valeurs « exotiques » comme le cours du dollar, du yen ou du franc suisse, l’inflation aux Etat-Unis ou la parité entre deux monnaies. Des taux qui ont commencé à monter fortement, et la crise ne va rien arranger. Or, selon Claude Bartolone, 98 % de la dette du département, qui s’élève à 808 millions d’euros, reposerait sur ces produits financiers dits « toxiques ». « Ce sont les subprimes à la française », souligne l’élu, pour qui l’addition promet d’être salée. A l’horizon 2011, le conseil général pourrait avoir à rembourser 17 M€ d’intérêts supplémentaires. A ces risques, s’ajoute la frilosité des banques, qui ne veulent plus prêter autant qu’avant.

Tout le monde est concerné , mais pas de la même façon : toutes les collectivités locales subiront forcément les conséquences d’une crise qui promet d’affecter l’emploi et les entreprises, ce qui se traduira par une baisse des recettes de la fiscalité locale. Déjà, elles observent une baisse des droits de mutation, cette taxe qu’elles prélèvent aux notaires lors des transactions immobilières, du fait du ralentissement du marché immobilier. La mairie d’ Aubervilliers vient d’en faire les frais. Frappé par la crise, l’acquéreur de la tour Villette s’est désisté, d’où un manque à gagner de 1,3M€ de droits de mutation ce pour la commune. Par ailleurs, du côté du conseil général, on s’attend à une augmentation du nombre de bénéficiaires du RMI.


Le principal souci pour les communes, c’est que les banques sont plus exigeantes. Montreuil ,la plus grande ville du département, vient de l’apprendre à ses dépens. Elle a dû apurer en quarante-huit heures un découvert de 15 millions d’euros. « D’ordinaire, la banque autorise un découvert de 30 M€ sur l’année avec la possibilité de le combler en fin d’année par un emprunt », déplore la sénatrice-maire (Verts) Dominique Voynet. Cas extrême à Noisy-le-Sec ,la ville vient de se voir refuser un crédit de 1,5 M€ par Dexia*. « On nous a proposé 350 000 € », assure Jean-Paul Lefèvre, adjoint (PS) aux finances, qui souligne que l’investissement de la commune est financé à 90 % par des emprunts.


A Epinay (MoDem) ou Montfermeil (UMP), les maires revendiquent des gestions « en bons pères de famille » avec peu d’emprunts à risques. A Sevran , Stéphane Gatignon, le maire (PC), a renégocié ses prêts à taux variable lorsque la crise a touché les Etats-Unis et déplore qu’aucune instance n’ait mis en garde les communes. Quant aux villes les moins endettées, elles seront moins affectées par la crise. Ainsi Gagny (UMP), qui dispose d’une capacité d’autofinancement de 20 %, ou Villemomble (UMP), qui n’a pas emprunté depuis 1999, expliquent jouir d’une certaine confiance des banques.

* Contactée, la direction de Dexia n’a pas souhaité s’exprimer.

 

Source : Le Parisien

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