DELINQUANCE : 10 000 agressions « gratuites » depuis janvier

Publié le par E&R-Ile de France

UNE DISPUTE conjugale, un conflit entre automobilistes pour une place de stationnement, un voyageur sans billet qui frappe le contrôleur… Dans le jargon de la police, on appelle ces affaires « violences non crapuleuses » (non liées au vol). Avec près de 10 000 agressions recensées sur les neuf premiers mois de l’année, la violence gratuite a une nouvelle fois connu une forte hausse à Paris : + 7 % par rapport aux neuf premiers mois de 2007.

Cette augmentation est d’autant plus frappante qu’elle s’inscrit dans un contexte de baisse continue de la délinquance générale (- 4,5 % en un an).

L’autorité visée dans 20 % des cas. D’après les statistiques de la police urbaine de proximité, 2 150 faits ont visé des « dépositaires de l’autorité publique » : des policiers, des contrôleurs, des enseignants… Selon l’Observatoire national de la délinquance, les autres agressions gratuites sont commises à 50 % dans le cadre familial et à 50 % dans « les situations de la vie quotidienne » (sorties de bar, transports en commun…).

Le traumatisme des victimes. « Les victimes d’agressions gratuites qui font appel à nous sont souvent très sévèrement traumatisées, note Carole Damiani, coordinatrice des psychologues de l’association PAV (Paris Aide aux victimes). Les gens se demandent : Pourquoi moi ?
Cela peut induire un sentiment de culpabilité. » Cette hausse ne surprend pas la psychologue. « La rue est de plus en plus peuplée de personnes en grande difficulté psychologique ! »

L’alcool souvent à l’origine. Ala PUP (police urbaine de proximité), on a relevé quelques facteurs aggravants qui permettent d’expliquer la hausse récente. « L’alcoolémie se retrouve désormais dans 19 % des cas de violences gratuites », rappelle Philippe Caron, sous-directeur de la police territoriale.

Des dépôts de plainte plus nombreux. « Les violences conjugales, qui avaient tendance à être passées sous silence dans certaines communautés, sont maintenant plus facilement signalées », se félicite-t-on à la PUP, ce qui contribue à l’augmentation « mécanique » du nombre de plaintes. Seul motif de satisfaction : les agressions « non crapuleuses » sont élucidées à 80 %… contre 36 % pour la délinquance générale.

 

Source : Le Parisien

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