Banlieue: certaines rénovations ont tourné à "l'épuration sociale", selon des associations (Nanterre-92)

Publié le par E&R-Ile de France


Des associations présentes au Forum social des quartiers populaires, ce week-end à Nanterre, n'hésitent pas à parler "d'épuration sociale" pour dénoncer des opérations de rénovation urbaine conduites, selon elles, au détriment des banlieusards les plus pauvres.







Si la loi sur la cohésion sociale de 2003 mettait en avant le désir de parvenir à une "mixité sociale" dans les banlieues, certaines associations présentes au forum qui s'est ouvert vendredi pour trois jours, assurent que des opérations menées par l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) ont entraîné, notamment à travers les démolitions de logements sociaux, une relégation supplémentaire des plus défavorisés.


"Les démolitions ont été particulièrement nombreuses et effectuées sans aucune concertation avec les habitants concernés, souvent les plus pauvres des quartiers pour qui le processus est d'une extrême violence", dit à l'AFP Kaissa Titous, de la coordination anti-démolition des quartiers populaires.


"Les pouvoirs publics ne veulent pas écouter les habitants surtout s'ils revendiquent un droit de regard sur les projets et sur leur gestion financière, questionnant notamment le fait que des bureaux d'études s'engraissent au passage", assure Abdenour Tataï, de l'association Justice pour le Petit-Bard, de Montpellier.



Parlant de "plans autoritaires", Nabil Koskossi, de droit-de-cité Sarcelles, affirme que, "incapables de trouver une réponse au chômage massif et à l'appauvrissement dans les cités, des élus locaux de tous bords soutenus par le gouvernement déplacent, parfois expulsent, une partie des habitants les plus pauvres au profit de familles de classes moyennes ayant un profil fiscal plus avantageux".

"Cette épuration sociale aboutit à une relégation supplémentaire car les familles relogées le sont dans des conditions médiocres dans des immeubles loin des centres des villes et parfois voués à la démolition", renchérit Mme Titous. Dans un communiqué, la ministre du Logement, Christine Boutin, a vivement réagi à ces propos, se disant "très choquée" notamment par l'expression "épuration sociale".

"Le programme national de rénovation urbaine institué par la loi du 1er août 2003 (...) prévoit un effort national sans précédent de transformation des quartiers fragiles classés en Zones Urbaines Sensibles (ZUS) ou présentant les mêmes difficultés socio-économiques", a affirmé la ministre. Elle rappelle qu'"à l'horizon 2013, 530 quartiers seront rénovés améliorant le cadre de vie de près de 4 millions d'habitants".

De leur côté, les associations soulignent qu'après les démolitions, le plus souvent on reconstruit des logements dont les loyers sont plus chers et ne sont pas accessibles aux familles délogées, pas plus que les programmes d'accession à la propriété.

Elles critiquent violemment les projets menés par exemple au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) ou aux Mureaux (Yvelines) mais se réjouissent d'être parvenues à arrêter certaines démolitions notamment à la faveur d'un changement de majorité municipale comme à Argenteuil (Joliot-Curie et Mondor, Val-d'Oise) ou à Poissy (La Coudraie, Yvelines).

Source : 20minute.fr

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